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Accidents exposant au sang (AES) et leur prévention
publication le 24/03/2017

Mots clefs : AES, aes, accidents, sang, liquides, piqûre, piqure, coupure, blessure, peau, oeil, lavage, antisepsie, déclaration

Les accidents exposant au sang (AES) et leur prévention

1. AES

Sont considérés comme accidents exposant au sang (AES), tous contacts avec du sang ou un liquide biologique contenant du sang, comportant soit une effraction cutanée (piqûre, coupure) soit une projection sur une muqueuse (œil…) ou sur une peau lésée. Sont assimilés à des AES, les accidents survenus dans les mêmes circonstances avec d'autres liquides biologiques (tels que liquide céphalorachidien, liquide pleural, sécrétions génitales…) considérés comme potentiellement contaminants même s'ils ne sont pas visiblement souillés de sang (arrêté du 10 juillet 2013). Les AES présentent un dommage plus ou moins important selon le danger des micro-organismes présents dans le liquide biologique et le mode d'exposition du personnel.

1.1 - Danger

Le sang est susceptible de contenir, durant un temps plus ou moins long, des agents biologiques dangereux tels que :

  • le virus de l’Hépatite B ou VHB, agent de l’hépatite B,
  • le virus de l’Hépatite C ou VHC, agent de l’hépatite C,
  • les virus de l’Immunodéficience Humaine 1 et 2 ou VIH 1/2, agents du syndrome d’immunodéficience humaine acquise (SIDA).
Les autres liquides biologiques peuvent contenir d'autres virus (Herpes virus hominis 8…) ou bactéries (Chlamydia trachomatis, Pseudomonas aeruginosa, Streptocoques…).

1.2 - Exposition

Certains de ces agents biologiques présentent un risque infectieux s'ils pénètrent dans le corps :

  • par projection de liquide biologique sur peau lésée ou sur muqueuse,
  • par effraction cutanée suite à une blessure, coupure ou piqûre.
Le risque de contamination varie notamment en fonction de la dose infectante d'un agent biologique, de l'infectiosité du patient source, de l'immunité de la personne accidentée, du volume de l'inoculum ou encore de la profondeur de la blessure.

2. Prévention des AES

L'arrêté du 10 juillet 2013 précité, s'appliquant aux activités de diagnostic, de soins et de conservation, précise les mesures pouvant prévenir les AES et la conduite à tenir après accident. Ces mesures, pour autant qu'elles puissent s'adapter, peuvent être suivies dans les autres secteurs d'activité pouvant générer des AES.

2.1 - Analyse des risques

Elle consiste à identifier :

  • les liquides biologiques susceptibles de contenir des agents dangereux,
  • les gestes qui peuvent être à l’origine de l’introduction de l’agent biologique dans l’organisme humain par les voies cutanéo-muqueuses : manipulations d’objets piquants / coupants, de liquides biologiques, de compresses…

2.2 - Actions ou mesures préventives

La prévention des AES passe par le respect de plusieurs mesures :

  • la formation, actualisée périodiquement, du personnel sur les risques biologiques, les matériels de sécurité (pour prélèvements, analyses…) et les bonnes pratiques
  • la mise en œuvre d'équipements de protection collective contre les projections (poste de sécurité microbiologique, capotage de machine…)
  • la mise à disposition et l'utilisation correcte des matériels de sécurité : dispositifs médicaux de sécurité (Base de données du GERES sur les matériels de sécurité et dispositifs barrière sur le site du GERES), matériel de laboratoire (centrifugeuse, agitateur…), conteneurs spécifiques pour les déchets d’activité de soins à risque infectieux (Dasri) piquants / coupants
  • la préférence pour le matériel à usage unique afin d'éviter les risques liés au nettoyage puis la désinfection des matériels et supports non jetables
  • le respect des bonnes pratiques : ne jamais recapuchonner les aiguilles, ne pas désadapter les aiguilles à la main, jeter immédiatement les objets piquants ou coupants dans un conteneur adapté...
  • le respect de la filière d'élimination des Dasri : limite de remplissage des emballages, durée d'entreposage des emballages plein, bordereaux de suivi
  • le transport de matériel souillé par du sang ou des produits biologiques dans des emballages étanches appropriés et fermés
  • la mise à disposition et l'utilisation raisonnée d'équipements de protection individuelle (EPI) (gants limitant l'introduction d'agent biologique en cas de piqûre, visière ou lunettes-masques contre les projections)
  • une vaccination, lorsqu’elle existe (hépatite B).

3. Conduite à tenir en cas d'AES

La procédure doit être connue et affichée.

3.1 - Premiers soins à faire en urgence

En cas de piqure, blessure ou contact direct sur peau lésée :

  • Ne pas faire saigner.
  • Nettoyer immédiatement la zone cutanée lésée à l'eau et au savon puis rincer .
  • Désinfecter pendant au moins 5 min avec un dérivé chloré (Dakin ou eau de Javel à 2,6% de chlore actif dilué au 1/5) ou polyvidone iodée en solution dermique ou à défaut, alcool à 70°.

En cas de projection sur muqueuses et en particulier les yeux :

  • Rincer abondamment à l'eau ou au sérum physiologique (au moins 5 minutes).

3.2 - Avis médical

Il faut prendre rapidement (au mieux, dans les 4 heures) un avis médical. Le statut sérologique du patient source sera recherché (avec son accord). Si un traitement est indiqué, il doit débuter dans un délai très court (maximum 48 heures après l’accident, ou 4 heures dans le cas d’une contamination par le VIH). Il se fera avec le consentement de la personne traitée, après une information sur ses effets et son déroulement.

La prise en charge peut se faire par un médecin référent (VIH) ou un service d’urgence.

La prophylaxie, dans ce cas, le traitement post-exposition (TPE) se compose :

  • dans le cas d’un patient source porteur du VHB, d’injection d’immunoglobulines spécifiques anti-VHB accompagnée d’une vaccination,
  • dans le cas d’un patient source porteur du VIH, d’une prophylaxie antirétrovirale.
Il n’y a pas de traitement prophylactique vis-à-vis du risque VHC. Le suivi du patient permet une prise en charge rapide d’une éventuelle infection aigüe.

3.3 - Déclaration de l'accident

Elle doit se faire dans les meilleurs délais, car elle est indispensable à la garantie des droits de la victime (déclaration à l’employeur dans les 24 heures après l’accident).

4. Ressources et références

4.1 - Textes juridiques

  • Arrêté du 28 mai 2010 fixant les conditions de réalisation du diagnostic biologique de l'infection à virus de l'immunodéficience humaine (VIH 1 et 2) et les conditions de réalisation du test rapide d'orientation diagnostique dans les situations d'urgence
  • Arrêté du 9 novembre 2010 fixant les conditions de réalisation des tests rapides d'orientation diagnostique de l'infection à virus de l'immunodéficience humaine (VIH 1 et 2)
  • Arrêté du 10 juillet 2013 relatif à la prévention des risques biologiques auxquels sont soumis certains travailleurs susceptibles d'être en contact avec des objets perforants

4.2 - Autres ressources