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Lutte contre les agents biologiques
publication le 10/12/2015

Lutte contre les réservoirs

Les agents biologiques sont présents sur les différents supports de leur environnement constituant des réservoirs. Il faut traiter ces réservoirs pour supprimer le risque de contamination.
Pour cela, il convient de mettre en place des méthodes de désinfection des surfaces susceptibles d'être contaminées : sols, murs, meubles, matériels, mains ...
Mais il convient aussi de traiter correctement tout individu contaminé par des thérapeutiques adaptées.

1. Nettoyage et désinfection des surfaces

Les surfaces et matériels de travail doivent être régulièrement nettoyés selon une procédure écrite tenant compte des produits et matériels utilisés, de la fréquence d'intervention.
Pour une action optimale, il convient de nettoyer à l'aide d'un détergent avant d'appliquer un désinfectant durant un temps préconisé.
Les détergents permettent de décoller les salissures d’une surface et de les éliminer par rinçage. Ce sont en régèle générale des tensioactifs.
Les désinfectants ou biocides ont un large spectre d'activité ; ils agissent sur des microorganismes particuliers : bactéricide, virucide, fongicide ... en dénaturant leurs structures.

Cas particulier des surfaces et produits susceptibles d'être contaminés par des Agents Transmissibles Non Conventionnels (ATNC)

Des protocoles de désinfection poussée (non conventionnelle) sont utilisés pour éliminer ces agents infectieux :

  • inactivation non totale : stérilisation par autoclave à vapeur d'eau à 134°C pendant 18 minutes,
  • inactivation totale :
    • immersion dans l'hypochlorite de sodium à la concentration de 2 % de chlore actif pendant 60 minutes à température ambiante,
    • immersion dans la soude molaire pendant 60 minutes à température ambiante,
  • disparition complète de l'infectiosité : incinération à une température supérieure à 800°C

2. Action sur les individus

IL faut rappeler que la lutte contre les agents biologiques pathogènes commencent par le respect des mesures d'hygiène au quotidien et peut necessiter le recours à des traitements curatifs spécifiques.

2.1. Hygiène individuelle

  • Lavage fréquent des mains avec un savon neutre après tout contact potentiellement contaminant (ainsi que dans la vie courante avant de manger, de boire ou de fumer, après éternuement, avant et après être allé aux toilettes...).
  • Proscription du port des mains ou d'objets à la bouche.
  • Lavage immédiat d'une plaie provoquée par une piqûre, morsure ou coupure avec de l’eau potable et du savon puis application d'un antiseptique.
  • Protection systématique de toute plaie avec un pansement imperméable.
  • Utilisation de vêtements à laisser sur le lieu de travail.

2.2. Traitements spécifiques

2.2.1. Traitements antibactériens

Les stratégies permettant de lutter contre les bactéries sont variées :

  • application d'antiseptiques sur les tissus lésés qui détruisent les bactéries en dénaturant leur structure,
  • administration d'antibiotiques qui empêchent la multiplication bactérienne en interfèrant avec leur métabolisme, (synthèses de la paroi, des protéines, des acides nucléiques action sur le métabolisme intermédiaire),
  • pratique de vaccination servant à stimuler les défenses de l'organisme vis à vis d'une bactérie en particulier, à mettre en place avant l'exposition lorsqu'elle est connue,
  • utilisation d'une sérothérapie ou injection d’un sérum contenant des immunoglobulines qui vont augmenter temporairement les défenses immunitaires.

2.2.2. Traitements antiviraux

Les thérapeutiques antivirales peuvent mimer ou intensifier les défenses de l'organisme : interférons, immunoglobulines, vaccins mais aussi introduire dans l’organisme les molécules chimiques s’opposant à la réplication virale :

  • application d'antiseptiques appliqués sur les tissus qui détruisent les virus en dénaturant leur structure,
  • pratique de vaccination servant à stimuler les défenses de l'organisme vis à vis d'un virus en particulier, à mettre en place avant l'exposition lorsqu'elle est connue,
  • utilisation d'une sérothérapie ou injection d’un sérum contenant des immunoglobulines qui vont augmenter temporairement les défenses imunitaires,
  • administration d'interférons, molécules synthétisées lors d'une infection virale par les cellules infectées pour limiter l'extension et utilisables en thérapeutique antivirale pour renforcer l'immunité,
  • administration d'antiviraux perturbant le cycle de réplication (pénétration, réplication, assemblage) en agissant en particulier sur les enzymes virales.

2.2.3. Traitements antifongiques

Les stratégies permettant de lutter contre les fungi sont variées. Les antifongiques externes sont utilisés en applications locales sur la peau. Les antifongiques généraux (ou systémiques)sont administrés sous forme de comprimés ou par injection et réservés aux mycoses profondes.

  • application d'antiseptiques comme
    • sels de métaux lourds (Zn, Se),
    • dérivés halogénés (iode, chlore),
    • dérivés azolés agissant sur le cytochrome P450 et la synthèse de molécules membranaires,
    • thiocarbamate (antidermatophyte comme le tolnaftate inhibant la biosynthèse des stérols),
  • application ou administration d'antibiotiques fongiques comme :
    • la famille des polyénes comme la fungizone (amphotérine B) ou la nystatine (uniquement de contact),
    • le benzofurane (agissant sur microtubules lors de la division nucléaire; se concentrant dans la kératine).

2.2.4. Traitements antiparasitaires

Les stratégies permettant de lutter contre les parasites sont d'autant plus variées que les espèces parasitaires le sont.

Contre les protozoaires intestinaux :

  • des anti-amibiens de contact, antiseptiques intestinaux tissulaires comme les hydroxyquinoléines,
  • des dérivés 5-nitro-imidazolés transformés par les parasites en dérivés toxiques qui altèrent l'ADN.

Les antipaludéens, ciblent trois éléments du parasite intraérythrocytaire :

  • la vacuole nutritive du parasite dans le globule rouge : interférence dans l'utilisation de l'hémoglobine (dérivés quinoléïques et de l'artémisine).
  • le cytosol (antifolates neutralisant la synthèse des acides nucléiques), les mitochondries (naphtoquinones) et l'apicoplaste (antibiotiques tétracyclines et macrolides),
  • la membrane plasmique (nouvelle piste thérapeutique visant à bloquer certains transporteurs de molécules indispensables au parasite comme la choline).

Contre les plathelminthes :

  • la nuclosamine entraînant l'accumulation d'acide lactique,
  • le praziquentel provoquant un afflux calcique qui tétanise les vers adultes,
  • le triclabendazole bloquant l'absorption du glucose et le système des microtubules (pas de mitoses.

Contre les némathelminthes :

  • les benzimidazolés bloquant l'absorption du glucose et le système des microtubules (pas de mitoses),
  • la pipérazine agissant sur la mobilité des vers (élimination),
  • le pamoate de pyrantel produisant un blocage neuro-musculaire.

3. Ressources et références

3.1 - Publications juridiques

  • Circulaire DGS/SD5C/DHOS/E2/DRT/CT1/CT2 n° 2004-382 du 30 juillet 2004 relative aux précautions à observer dans les services d'anatomie et cytologie pathologiques, les salles d'autopsie, les chambres mortuaires et les laboratoires de biologie « spécialisés ATNC », vis-à-vis du risque de transmission des agents transmissibles conventionnels (ATC) et non conventionnels (ATNC) ,
  • Calendrier vaccinal annuel publié par l'INVS

3.2 - Autres références