le décalage entre l'école et l'entreprise
Aujourd’hui, ni l’École ni l’Entreprise n'ont conscience, et fortiori, ne prennent en compte l’écart grandissant entre situations d’apprentissage de plus en plus sûres et situations professionnelles de plus en plus conditionnées par la concurrence et la productivité. On assistait depuis 30 ans à une forte baisse du nombre d’actifs jeunes (âgés de 15 à 24 ans ).moins de 2,5 millions en 2001 contre 4,5 millions en 1968. Cependant, cette tendance semble s’inverser depuis 1998.

des situations d'apprentissage de plus en plus sûres

Le décalage entre l'École et l'Entreprise s'est creusé au cours de ces 10 dernières années : dans son rapport 2002, l'Observatoire national de la Sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur (ONS) mentionne que seulement 13% des accidents en lycée surviennent dans les ateliers.
Ceci s'explique par :

  • le caractère pédagogique de situations non liées à la production
  • la mise en conformité des équipements depuis 1993
  • la création, dans les établissements, d'instances et de fonctions directement liées à l'Hygiène et à la Sécurité (CHS, IHS, ACMO)
  • la formation des enseignants à la PRP
des situations professionnelles de plus en plus précaires
Leurs difficultés d'accès à l'emploi fragilisent la santé au travail des jeunes : les moins de 25 ans sont les premiers affectés par les fluctuations du chômage qui les prédispose à accepter toutes formes d’emplois précaires (intérim, CDD, temps partiel imposé,…) . Si la sécurité en entreprise s'est améliorée ces dernières années les nouvelles organisations du travail (polyvalence, optimisation de la productivité, flux tendus,…) ne permettent plus toujours d'accueillir un jeune salarié dans de bonnes conditions.
Le cas des jeunes sous contrat d'apprentissage illustre bien cet état des lieux :
ils ne représentent que 1,2% des salariés) mais totalisent 3,3% des accidents avec arrêt .
recommandations du Cnesst
  • perfectionner le recueil d'informations concernant les accidents du travail des moins de 25 ans.
  • échanger périodiquement les informations entre le Cerp et l'ONS, notamment sur l'équilibre nécessaire entre la sécurité des établissements et le maintien de situations professionnelles réalistes pour la formation des jeunes à la prévention.
  • favoriser la prise en compte de la Santé et la Sécurité au Travail lors de l'accueil des jeunes en entreprise